Le conte de Léo, le petit coeur qui voulait aimer à en perdre la raison...

Publié le par Dul

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Vous connaissez Léo et Coline, le petit couple qui vit ensemble depuis toujours ? Mais si, vous les connaissez bien… Léo le petit cœur et Coline la raison. Cela fait longtemps qu’ils s’amusent ensemble, souvent en se chamaillant d’ailleurs. Mais il y a peu, ces deux là se sont disputés plus fort qu’à  l’accoutumé.  Pourquoi ? Et bien je vais vous raconter.

 

Il ya a quelques mois, Léo était parti en voyage . Au bout de trois mois, il est revenu voir Coline, tout en pleurs. C’est pourtant elle qui lui avait dit d’y aller, parce que Léo était très triste à cette époque. Beaucoup de gens lui avaient fait mal et il ne voulait plus sortir du lit. Alors Coline a cru bon de le pousser à retourner voyager. Elle ne s’attendait pas à le voir revenir plus meurtri que jamais.

 

Alors ce jour là, elle prit une décision très raisonnée comme elle. Elle l’enferma dans une jolie cellule, la plus belle. Avec des coussins feutrés, des dorures, de la musique, une télévision et pleins de livres pour qu’il puisse s’y reposer et rêver à tout jamais sans que personne ne vienne plus lui faire de mal. Elle pensait que c’était la meilleure chose pour Léo et lui aussi d’ailleurs ne voulait plus qu’on vienne l’embêter.

«  Tu dois me promettre Léo que jamais tu n’ouvriras la porte,  que tu n’écarteras pas les barreaux de ta jolie prison. Et que plus jamais tu ne parleras à un inconnu qui s’en approchera… C’est que comme cela que tu seras heureux… »

«  Je te le promets Coline »

« Tu sais que je fais cela pour ton bien et que j’ai toujours raison ? »

«  Oui, je le sais » répondit Léo, un peu triste mais résigné.

Après quelques temps à se laisser bercer par son amie et à lire pour se construire des rêves, Léo se sentait heureux et convaincu que Coline avait décidemment bien raison.

Et puis un jour, il entendit une voix au travers des barreaux.

«  Allez viens jouer avec moi ? Reste pas enfermé voyons ! »

«  Je ne peux pas parler aux inconnus » répondit Léo, fermement

«  Mais je ne suis pas un inconnu, tu me connais, on a déjà joué ensemble plein de fois… »

C’est alors que Léo reconnut son ancien ami, Amory, avec qui il avait beaucoup joué mais qui l’avait  aussi beaucoup abimé.

« Non, hors de question ! Tu m’as fait trop mal la fois dernière. Tes jeux sont trop violents pour moi ! »

«  Non mais je ne le ferai plus, je ne savais pas que tu étais aussi fragile. Cela ne se voyait pas, tu avais l’air d’être en plomb. Mais là, je vois bien que ce n’est pas le cas. Je ferai attention »

Léo se serait bien laissé tenter parce que il était bien avec Amory. Mais Coline avait entendu toute la conversation. Elle ferma la porte à clef.

«  Hors de question Léo, plus jamais je ne laisserais Amory t’approcher ! Je ne veux plus que tu lui parles ! »

Alors Léo se tut, et ferma les yeux aussi fort qu’il le pouvait pour ne pas voir Amory qui continuait à insister.

Mais à force de chercher à se voiler la face, les yeux de Léo eurent si mal qu’ils finirent par pleurer…  Il se mit donc à crier sa douleur si fort que Coline n’arrivait plus à le raisonner.

« Je t’en supplie Coline, laisse moi aller jouer avec Amory, je n’en peux plus d’être enfermé. »

« Je ne peux pas te laisser faire ça, tu es tellement fatigué et usé. Tu ne tiendras pas le choc. Je ne veux pas te voir mourir définitivement »

« Mais c’est enfermé que je me meurs. Je suis là avec toi, mais intérieurement, sans Amory, je ne suis  plus rien… C’est ma vocation »

«  Tu risques de souffrir, encore. Et tu le sais. Et ce jour là, tu reviendras me voir, encore plus meurtri… Et ça je ne le supporte plus »

«  Je sais que je vais encore souffrir, mais je souffre déjà tellement ici , je ne peux pas souffrir plus… »

«  Mais Amory ne t’aime pas, il veut seulement jouer… »

« Je sais, mais je veux prendre le risque d’aller jouer malgré tout. Même si c’est pas longtemps. »

«  Tu verras que tu reviendras me voir en larmes… »

« Et ce jour là, tu seras là pour me consoler ? »

«  Je ne sais pas… »

Léo fut très triste et étonné de voir que Coline n’en était pas sûre, elle qui l’avait toujours soutenu jusque là… Mais pendant qu’ils parlaient, cette dernière avait écarté doucement les barreaux de la cage… Et comme déjà Amory lui avait pris le bras, il sortit, mort de trouille mais soulagé.

 

De son côté, Coline fut très triste que Léo ne l’ait pas écoutée… Pour elle il avait perdu la raison, pour Amory. Elle ne pouvait le comprendre et se sentait abandonnée. Mais elle savait qu’elle serait là malgré ce qu'elle disait si un jour il revenait, heureux ou pas.

 

L’histoire ne dit pas si Léo est revenu la voir ou pas, ni dans quel état. Mais une chose est sûre, c’est qu’il a préféré prendre le risque de souffrir de trop aimer que celui de mourir faute de ne plus aimer… Car les petits Léo, on le sait, ont besoin d’amis comme Amory pour exister et respirer… au risque de s’étouffer parfois.

 

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