Mes amis, mes amours, mes emmerdes...
On demande souvent à Dul comment elle fait pour ne jamais en vouloir au gens ou alors pour réussir à pardonner à ceux qui lui ont fait mal. Alors, bien sûr, elle sort d’une école catho, a voulu être bonne sœur ( motarde !), oui mais voilà, elle ne croit plus depuis longtemps. Mais de tous ces enseignements, elle a sans doute quand même voulu retenir qu’une chose, c’est l’amour de l’autre, les notions de respect, de pardon, de tolérance… d’humanité quoi ; tout ce que la religion prône pour tenter de s’en convaincre à défaut de se les appliquer.
Et puis au lieu de la bible, c’est un autre livre qui a marqué ses relations aux autres, un livre qu’on devrait offrir à chaque nouveau-né, comme un cadeau dans la vie…
Alors mon cher Antoine ne m’en voudra pas de vous livrer MON passage préféré, celui qui me reste en ligne de mire, qui a fait Dul et qui continuera malgré elle…
A vous mes amis,
A vous mes amours,
A vous mes emmerdes…
Le petit prince… Chapitre 11
C’est alors qu’apparut le renard :
-Bonjour, dit le renard.
-Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.
-Je suis là, dit la voix sous le pommier ( Dul :p)…
-Qui es-tu ? dit le petit prince, Tu es bien joli…
- Je suis un renard, dit le renard.
-Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince, je suis tellement triste…
- Je ne puis jouer avec toi, dit le renard, je ne suis pas apprivoisé.
-Ah ! Pardon, fit le petit prince.
Mais après réflexion, il ajouta :
-Qu’est ce que signifie « apprivoiser » ?
- Tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches-tu ?
- Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est ce que signifie « apprivoiser » ?
-Les hommes dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C’est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C’est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?
-Non, dit le petit prince, je cherche des amis. Qu’est ce que signifie « apprivoiser » ?
-C’est une chose trop oubliée, dit le renard.Ca signifie « créer des liens… ».
-Créer des liens ?
-Bien sûr dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à mille autres renards. Mais si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…
-Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur… je crois qu’elle m’a apprivoisé…
-C’est possible, dit le renard. On voit sur Terre toutes sortes de choses…
-Ho ! Ce n’est pas sur la Terre, dit le petit prince.
Le renard parut très intrigué :
-Sur une autre planète ?
- Oui.
-Il y a des chasseurs, sur cette planète là ?
- Non.
-Ca c’est intéressant ! Et des poules ?
-Non.
-Rien n’est parfait, soupira le renard.
Mais le renard revint à son idée :
-La vie est monotone. Je chasse les poules les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois là-bas les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu es des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé…
Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :
-S’il te plait, apprivoise moi ! dit-il.
-Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
-On ne connait que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise moi !
-Que faut-il faire ? dit le petit prince
-Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi , comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près…
…
Alors le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche :
-Ah ! dit le renard, Je pleurerai.
-C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise…
-Bien sûr, dit le renard.
-Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.
-Bien sûr ! dit le renard.
-Alors tu n’y gagnes rien !
-J’y gagne à cause de la couleur du blé.
Puis il ajouta :
-Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret.
Le petit prince s’en fut revoir les roses.
-Vous n’êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n’êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisées et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres Moi j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.
Et les roses étaient bien gênées.
-Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule, elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est celle que j’ai arrosée. Puisque c’est celle que j’ai mis sous globe. Puisque c’est celle que j’ai abrité par le paravent. Puisque c’est celle que j’ai écouté se plaindre, ou se vanter, ou même quelque fois se taire. Puisque c’est ma rose.
Et il revint vers le renard :
-Adieu, dit-il…
-Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.
-L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
-C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
-C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince afin de se souvenir.
-Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…
-Je suis responsable de ma rose…, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
Et, couché dans l’herbe il pleura.
Alors voilà. Pour moi ce texte est tout sauf gnian gnian… Il est juste humaniste. Mise à part avec les animaux et les êtres sans défense, je suis un peu perplexe avec la notion de responsabilité, surtout en amour. Par contre, chez mes amis ( et donc mes amours en fait aussi puisque pour moi donner mon amour c’est donner aussi mon amitié, l’un ne va pas sans l’autre, et souvent même précède…), une fois que je les ai apprivoisés, une fois que j’ai posé mon amitié, je ne la reprends jamais…
Parce que oui mes gens, des fois vous me faites chier avec vos états d’âmes, surtout quand moi je vais mal et que vous voyez rien ou ne voulez pas voir, des fois vous m’usez, des fois je reclaque mon clavier quand je vois le plop arriver parce que non, là je peux pas , et puis je le rouvre bien vite la mort dans l’âme, inquiète…
Mais souvent aussi, vous me faites rire, délirer, pleurer parfois… Vous savez être aussi durs que merveilleux, tous à votre manière… Oui mais voilà, quelque part, vous aussi vous avez essayé et parfois réussi à m’apprivoiser, et ça je sais que c’est difficile malgré les apparences parce que je dis rien, je montre quasi rien de mes peines. Mais alors comme la rose du Petit Prince, vous faites que je ne suis jamais vide, jamais comme les autres…
Et comme je vous ai tous apprivoisés, vous non plus vous n’êtes plus semblables aux autres, vous êtes MON ami… Alors je me sens responsable quelque part de vous, de tout ce que vous m’apportez… Et parce que qu’aucune de ces rencontres n’a été vaine, aucune n’aura été un échec, aussi dures certaines sont-elles. Même à distance, même en silence…
Alors, voilà, s’il vous plait, continuez à me gonfler, à me saouler, à me faire délirer, à m’appeler quand ça va pas ( et quand ça va !), à me montrer que vous vivez, ressentez… que vous n’êtes pas vides en somme ! Parce que d’une amitié, qu’elle soit d’une heure ou de dix ans, ben moi j’en fais des amitiés à vie… malgré vous !
Bien égoïstement j’avoue, pour que jamais je ne sois une rose vide, semblable aux autres… ET APPRIVOISEZ MOI BORDEL !!!!!