" Violeur de vie"
Vous êtes arrivés un soir d'été,
Surgissant à deux du bout d' l'allée,
Là par derrière, m'avez happée,
Avec comme seul signe de fierté,
Vos deux visages bien camouflés.
Je sais pas lequel a le plus frappé,
Jusqu'à ce que je finisse par céder.
C'est pas pour ça qu' ça t'a stoppé,
Fallait que tu montres ta virilité...
J'étais à terre, sans même lutter,
Vraiment Homme t'as dû te trouver,
Lorsqu'une femme t'as tabassé,
Qui sous tes coups n'a pas bronchée!
C'est alors que ta paluche gantée,
A commencé à me fouiner
De par dessous mon décolleté
Même pas plus douce que tes raclées!
Alors j'me suis déconnectée,
Pour pas souffrir, pour plus penser,
J'ai bien compris c'qu'il allait se passer...
J'ai pas crié, pas même prié,
Juste attendu qu'tu te sois vidé.
Quand j'ai senti sur moi ton jet,
Et bien croisés tes yeux satisfaits,
J'ai là senti mon âme se déchirer,
Et mes entrailles se mettre à gerber.
Et puis pourquoi ça s'est arrêté,
Moi à ce moment , bien j'ai pensé,
Que ton copain allait profiter.
Toi et ton pote m'avaient regardée,
Le temps de voir que vous vous trompiez,
Qu'c'était pas moi que vous cherchiez...
Du coup d'un bond tu t'es relevé,
Non sans m'avoir rechahutée,
C'est là que tu t'es excusée...
Pour tout le mal que tu m'as fait.
Là dans la nuit, vous vous êtes barrés,
Avec mon âme à tout jamais...
Comme une conne je suis restée prostrée,
Au moins une heure, recroquevillée.
Le téléphone m'a réveillé,
De ma torpeur ainsi plongée...
Il n'y aura jamais de procès,
Pour tout le mal qu'vous m'avez fait
Puis même si on vous retrouvait,
Je vois pas trop c'que ça changerait...
Maintenant j'suis là à me regarder,
Devant ma glace, comme j'ai changé!
De trente kilos toute délestée,
Et plus personne qui me reconnait...
Que je suis belle, c'est bon j'le sais,
On ne fait plus que ça d'me l'répéter,
Oui mais voilà moi j'trouve ça laid,
J'veux redevenir celle que j'étais...
Ca se peut pas alors je fais,
Comme si de rien, comme si ça allait,
J'ai même continuer de bosser,
Et de sourire comme j'suis payée...
Oui mais voilà, j'peux plus aider,
Tous ces pauvres types déboussolés,
C'est vous que j'vois sur chaque pavé,
Chaque SDF qui boit mon café...
Je sais faut pas généraliser,
Mas ce jour là, ça c'est un fait,
Y'a pas que mon corps que t'as blessé,
Même mon métier tu m'l'as volé...
Mais dis toi bien que tu t'es planté,
Si tu as cru m'apitoyer,
Car de la rage il m'en manquait,
En moi votre haine s'est bien ancrée!
J'dis pas merci, faut pas rêver,
Mais grace à vous je sais c'que je ferais
Quand vos compères devant moi plantés,
Me raconteront tous leurs méfaits.
AVant je les aurais écoutés,
Et peut-être même bien excusés,
Mais bon demain j'me servirai
De mes deux points avant d'parler!
Alors j'suis pas comme ces violées,
Qui sont là toutes desepérées,
Parce que jamais jm'e suiciderai,
J'aime trop cette vie qu'tu m'as violée!
Dul, le 8 Février 2010, texte protégé INPI, exploitation et copie interdites