" Vivre même sans vie"
Sentance tombée comme un couperet,
Un soir d'été en chirurgie,
Par ton bourreau aux mains gantées
Et puis c'est quoi cette maladie?
"Il va falloir que vous luttiez,
Pour pouvoir rester dans cette vie,
Une vie dont vous ne pourrez plus profiter,
Que allongé, du fond de votre lit".
Des mois que tu luttes comme un taré,
Entouré de tous tes amis,
Et de ta famille, toute épuisée,
A regarder ton teint pâli.
Je supporte plus, j'suis désolée,
De te voir comme ça, tout accroupi,
Sur la cuvette en train de gerber,
De toutes ces merdes que t'engloutis.
Toi t'étais beau, la tête relevée,
T'avais une force presque inouïe,
Chaque fois qu'j'tombais, tu me reboostais
Là tu te bats plus, tu m'as trahie.
Je sais que tu es fatigué,
Je sais que tu as mal mais je t'en prie,
Ferme pas tes yeux à tout jamais,
Même si des fois, j'en rêve la nuit...
C'est pas qu'jt'aime plus, ça tu le sais,
J'ai honte des fois je me maudis,
Quand j'pense que pour tous le mieux ce serait,
Que tu rejoingnes ton paradis...
Maintenant me v'là en train de chialer,
Devant ta boîte sur ce parvis,
C'est pas de ça que je parlais,
Pour plus souffrir t'as pas compris...
Le coeur en miettes, là tout brisé,
Maintenat c'est moi tout décrépi,
Les larmes qui peuvent plus s'arrêter,
Du fond de ma source qui ne se tarit...
Vvre sans toi, je pense pas que j'pourrai,
On était deux, trop fort unis,
Je veux te rejoindre là où tu es,
Et pour toujours refaire notre nid...
Oui mais voilà, toi tu m'tuerais,
Toi de mourir t'as pas choisi
La vie c'était tout c'qui comptait,
Tu y tenais, tu l'as chérie.
Et puis depuis ce matin qu'jsuis levée,
J'sais pas pourquoi mais je souris,
J'y croyais plus mais c'est un fait,
Même dans mon coeur, le soleil luit.
Faut croire que tu l'as réchauffé,
Même à distance, comme par magie,
Je te sens là juste à côté
Tout comme avant que tu sois parti.
T'es là en moi à tout jamais,
Dans chaque sourire, chaque mélodie,
Qui me rappelle notre passé,
Toutes ces choses dont on a rit.
J'dis pas que j'ai plus envie de pleurer,
Mais dans ces moments là j'me dis,
Que c'est pour toi que je le fais,
De vivre tout ce qu'on t'a pas permis.
Alors le plus maintenant j'essaie,
De voir, de vivre pour que la nuit,
Je te raconte ce que tu as rêvé,
C'est pas sans toi tout ce que je vis.
Et comme tu avais tant de projets,
Vivre longtemps c'est mon défi,
Histoire que tout ce que tu as manqué,
A travers moi, t'en sois rempli...
Dul, le 27 Mars 2000, texte protégé INPI