De la chapelure...

Publié le par Dul

 

A886YY0CALTFV76CA0U1U75CA0PIP9MCAHK9LWPCASI8K2ACA6ID2TTCAXT.jpg

 

 

Il y a des soirs comme ça, où je sais pas vous, mais moi je suis prise d'une nostalgie comme c'est pas permis! Souvent ça m'arrive quand je doute de mes racines, que je me demande de qui je viens, à qui je ressemble... et quand je doute de ça, il me revient toujours une personne... chez qui j'ai fuis mon enfance, qui savait me regarder vivre et qui m'aimait... C'est la seule dont je n'ai jamais douté de son amour.  La seule qui avait tout compris à ma souffrance de gamine...

J'avais écrit un texte peu de temps après sa mort, très impersonnel, très démarqué  ( même si je sais que c'est souvent dans les préférés visiblement)

 

" Souviens toi Frangin"

 

 

Aujourd'hui, j'ai eu besoin d'en refaire un, pour elle, pour moi aussi. Parce que je veux l'avoir sous mes yeux chaque fois que je douterai de mes racines, comme ce soir... Chaque fois que je me demanderai si quelqu'un ne m'a réellement un jour vraiment aimé... comme ce soir... Alors le voilà...

 

 

De la Chapelure!

 

 

De mon enfance je n'ai gardé

Aucune joie , aucune râture,

Juste des souvenirs tous bas ancrés,

De nos moments si vrais, si purs...

 

Parce que jamais je n'ai retrouvé

Le goût de cette douce râpure,

De ce Côte d'or sur beurre salé,

Sur mes tartines, pas de confiture...

 

Ce petit mets que tu me préparais,

Pour soulager toutes mes griffures,

D'aucun ne me l'a jamais refait,

Du coup elles saignent toutes mes blessures...

 

A côté de toi quand je dormais,

Pour réchauffer ton immature,

" Tes pieds glacés" tu me disais,

" Sur moi reprendront température!"

 

Et tous les mercredis tu venais,

Moi je préparais ma petite vêture,

Que je glissais dans ton panier,

" Faut que tu me sauves de cette dictature!"

 

Chaque fois toutes deux on finissait,

Toi acharnée dans ta couture,

Moi sous la table devant la télé,

Emmitouflée de la couverture...

 

Toi seule n'a jamais bridé,

Mon petit côté désinvolture,

Déjà petite tu admirais,

Le trait fluet de mon écriture.

 

Pendant des heures tu me laissais,

Manipuler tes reliures,

Même si des fois je les malmenais,

" Il faut que ça vive la lecture!"

 

Et puis chaque soir tu regardais,

Ton feuilleton dès la fermeture

Du magasin qui devenait

Mon aire de jeu, grandeur nature...

 

Là j'ai trente ans presque sonnés,

Assise devant cette devanture,

De ta boutique peinturlurée,

Toute rafraîchie... Vaste imposture!

 

Près de quinze ans que tu as quitté,

Mon paysage, sans un murmure,

Laissant mon coeur tout morcelé,

Et sans personne qui me rassure...

 

Pourtant je sui sûre que tu saurais,

Me dire pourquoi tout est si dur,

Et puis aussi me conseiller,

Sur mes amours et mes luxures,

 

Toi qui a perdu ton bien aimé,

A peine entrée dans l'âge mûr,

Et quatre enfants à éduquer,

A croire que j'hérite de ton armure!

 

Mais dans mes traits tu es marquée,

Comme au fer rouge sur ma figure,

Mes deux billes vertes qui ne savent qu'aimer,

Elles viennent de toi, comme mes frisures...

 

J'ai été sur ta tombe fânée,

Repeindre les lettres et les gravures,

De notre nom qui s'effaçait,

Pour me rappeler ma signature...

 

Et puis comme personne ne le faisait,

J'ai ressorti le verre mesure,

Pour refaire tes pâtes gratinées,

Toi seule savait que je les adorais...

 

C'était vital, il le fallait,

Pour mes futures progénitures,

Au moins juste ça de toi léguer,

A mes générations futures...

 

Mais j'ai fini toute obstinée,

A rechercher la bonne texture,

Une fois vaincue j'ai même pleuré

Je n'étais bonne qu'à pourriture...

 

Mais cette nuit, sans plus chercher,

J'ai retrouvé ta garniture,

Tu me l'a chuchoté en secret,

" L'amour tu l'as, de la chapelure!"

 

 

 

Dul, le 2 Décembre 2010

 

 

 

Et comme elle adorait ce feuilleton comme elle disait, et qu'elle se serait cassée le col du fémur dans l'escalier pour ne pas louper ne serait-ce qu'une seconde du générique... et bien je nous le mets ^^ ( bon je te promets pas de l'écouter jusqu'au bout) . Les paroles prennent tout leurs sens aujourd'hui....

 

 

 

 

 

 

 

 

A pas très vite Mamie G.

Publicité

Publié dans Boîte à doudous

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article